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Schroders se lance dans l'hôtellerie avec l'acquisition d'Algonquin

03/05/2018 à 13:00 / Mis à jour le 03/05/2018 à 13:12
3 minute(s)
Le Westin Venise détenu par Algonquin
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Le Westin Venise détenu par Algonquin

Pour ses vingt ans, l’investisseur et opérateur d’hôtels à la tête d’un portefeuille d'1,8 Md€ en Europe, se valorise autour d'une centaine de millions d'euros, auprès de Schroders qui complète son offre en immobilier. 

 

Schroders se lance dans l’hôtellerie en s’emparant d’un investisseur et opérateur d'hôtels à la réputation européenne : Algonquin Management Partners. Le gérant d’actifs hôteliers, qui fête ses vingt ans cette année et détient une quarantaine d'hôtels sur le continent valorisés 1,8 Md€, ouvre une nouvelle page de son histoire en intégrant la plateforme immobilière de ce gérant d’actifs mondial inclus dans le FTSE 100, aux plus de 37 Md€ d’encours logés dans ses pôles Actifs privés et alternatifs. L’opération, finalisée hier, est réalisée en fonds propres auprès des actionnaires d’Algonquin SA, maison mère du groupe : son fondateur Jean-Philippe Chomette (60% du capital), Bpifrance et BNP Paribas Développement, devenus minoritaires (25%) en novembre 2016 en investissant 23 M€ (lire ci-dessous), ainsi que l'équipe de management emmenée par Frédéric de Brem, directeur général. A cette occasion, les managers ré-investissent pour un montant non dévoilé. La valorisation de l’opération est elle aussi

gardée confidentielle mais, compte-tenu du volume géré par Algonquin, son chiffre d’affaires devrait tourner autour de 10 M€, sachant que ce type de société se valorise entre 7 et 10 fois ses revenus… Le montant tournerait ainsi autour de 100 M€. L'acquisition comprend également les co-investissements réalisés par Algonquin aux côtés de ses clients existants. Schroders précise que l'intégration des deux entreprises commence immédiatement. Jean-Philippe Chomette (ci-contre) ne réinvestit pas, mais poursuit l’aventure en tant que senior advisor. Frédéric de Brem devient lui responsable de Schroder Real Estate Hotels, nom de baptême de la nouvelle branche hôtelière du groupe.

43 hôtels en portefeuille

En à peine deux décennies, Algonquin s’est fait une réputation à l’échelle européenne sur le marché de l’hôtellerie, en devenant l'un des leaders de l'investissement sur fonds propres et de la gestion d'actifs hôteliers sur le continent, avec un portefeuille de 43 hôtels comprenant au total plus de 7 500 chambres, dont la moitié en France (le Pullmann Paris Bercy notamment, ci-contre). Le groupe détient également des actifs en Italie (comme le Westin à Venise en photo ci-dessus), en Belgique, en Pologne (le Sheraton à Varsovie ci-dessous), au Royaume-Uni et en Allemagne (le Hyatt Regency à Düsseldorf ci-dessous), mais aussi en République Tchèque et en Espagne. Son équipe de gestion, réunissant plus d'une trentaine de collaborateurs, est basée à Paris, Londres et Bruxelles. Pure player de l'hôtellerie, Algonquin Management Partners a connu depuis sa création, un développement rapide, fort d'un modèle innovant et attrayant pour les investisseurs.

Un business model original

Plutôt positionné sur des hôtels 4* et 5* comptant en moyenne 200 chambres, Algonquin gère une partie de son parc et confie l'autre moitié à de grands opérateurs hôteliers, à travers divers contrats (de gestion, de location-gérance, de franchise). Ces hôtels sont principalement gérés par les marques d'Algonquin ou à travers des franchises de renommée internationale, comme Sheraton, Marriott, Hyatt, Radisson et Sofitel. L'originalité de son business model tient surtout à sa capacité à co-investir dans des opérations d'envergure aux côtés d'investisseurs institutionnels, de fonds de private equity ou de family offices, tout en supervisant toutes les dimensions opérationnelles de la gestion hôtelière.Ce savoir-faire hôtelier comprend aussi bien des compétences de management opérationnel qu'une fine connaissance de la composante immobilière de l'hôtellerie. « La performance des investissements gérés par Algonquin pour le compte de ses clients, sa base de clientèle comprenant certaines des plus grandes institutions financières européennes et la qualité et l'expérience de ses employés ont constitué les principaux moteurs de cette acquisition », explique ainsi Duncan Owen, directeur mondial de l'immobilier chez Schroders.

La force de frappe d’Algonquin décuplée  

C’est ce savoir-faire dont s'enrichit Schroders. A travers cette opération de croissance externe, le gérant d’actifs coté amplifie la croissance de son activité immobilière, qui est déjà la plus importante de sa plateforme totalisant près de 15 Md€ d’actifs (hors Algonquin) dans les bureaux, les commerces, la logistique, le self-stockage ou les projets mixtes urbains. Ses pôles Actifs privés et alternatifs intègrent également le crédit titrisé, le private equity, le financement d'infrastructures, la réassurance collatéralisée (ILS) et les prêts aux PME. Schroders complète ainsi ses capacités et son expertise existante, en se diversifiant dans la gestion hôtelière. Considéré comme une niche il y a encore quelques années, ce marché attire de plus en plus d’investisseurs. A horizon 2020, Algonquin s’était fixé pour objectif d’atteindre plus de 2 Md€ sous gestion. En s’adossant à la plateforme immobilière de Schroders, il pourra désormais avoir accès à « une équipe immobilière diversifiée, qui s’appuie sur un réseau de 13 bureaux répartis sur les cinq continents et à une offre plus large pour nos clients », comme le souligne Jean-Philippe Chomette. « Aux côtés de Schroder Aida, nos expertises françaises se trouvent ainsi renforcées au bénéfice de nos clients actuels et futurs, complète Karine Szenberg, directrice générale de Schroders en France. Avec Thomas Guyot, responsable de Schroder Real Estate en France, nous sommes ravis d’accueillir cette nouvelle équipe complémentaire. » 

Lire aussi :

Algonquin finance son expansion (07/11/16)


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Les intervenants de l'opération