
C'est un nom issu de la gestion d'actifs que les actionnaires de Præmia REIM – Bridgepoint, Latour Capital, Sogecap, le management et les salariés – ont entériné pour succéder à Laurent Fléchet, président du gérant aux 35 Md€ d’encours. Il dirigeait la société de gestion depuis près de quinze et va demeurer actionnaire. Selon nos informations, Lionel Paquin, ancien directeur adjoint des actifs réels et alternatifs d'Amundi Asset Management, et ancien CEO de Lyxor AM, va être nommé président de Præmia REIM. Contactés, Brigdepoint n'a pas répondu à nos sollicitations au sujet de cette nomination, tandis que Præmia REIM ne souhaite pas faire de commentaire.
Élargir la gamme à d'autres real assets
C'est à l’issue de discussions auxquelles Marc Bertrand, président du directoire de Præmia REIM depuis 2024, a été associé d'après nos sources, que le profil de Lionel Paquin a été retenu. Polytechnicien, qui a occupé plusieurs fonctions au sein du ministère de l’Economie et des Finances, il est notamment connu pour avoir œuvré en 2022, à la fusion entre Lyxor et Amundi AM, un deal à 825 M€. Sa connaissance en matière d'asset management, sa capacité à réaliser des opérations de croissance externe et à élargir la gamme de Præmia REIM à d'autres real assets, en particulier les infrastructures, ont joué dans le choix de son profil pour ce poste, pour lequel Jean-Marie Tritant, ancien CEO d'Unibail-Rodamco-Westfield, a également été approché. Au cours de sa carrière, Lionel Paquin s'est également distingué dans la direction de structures complexes, engagées dans des phases de redressement.
Une structure financière impactante
L'arrivée d'un nouveau président – qui se conjugue au départ à la retraite de Jean-Luc Néez, directeur général délégué – acte la fin d’un cycle pour Præmia REIM. L'an passé, les négociations pour son rapprochement avec Icamap/WO2 avaient déjà annoncé l'ouverture d'un nouveau chapitre pour la société de gestion. Des discussions qui n'ont finalement pas abouti, et ont mis un terme à la nomination de Guillaume Poitrinal à sa direction. L'entrepreneur et figure de l'immobilier avait lui aussi l'intention de refaire de Præmia REIM, qui génère entre 70 et 80 M€ d'Ebitda, un acteur offensif sur le marché, malgré le poids de sa dette (550 M€ environ), contractée et récemment refinancée auprès d’Ares Management.
Moteurs de croissance
Si Præmia REIM reste l'un des principaux gérants de l'épargne immobilière en France, son portefeuille est challengé par le contexte de marché, quand bien même il n'est exposé qu'à hauteur de 27 % à l'immobilier de bureaux. Le gérant, qui a fait de la santé et de l'hospitality au sens large (l'hôtellerie, le résidentiel étudiant...) ses moteurs de croissance, reste contraint par la liquidité de ses SCPI, dont la collecte est quasi inexistante et les parts en attente de retrait considérables. Pour faire face à ces défis, une nouvelle organisation a été mise en place, confiée à un tandem complémentaire : Charles Ragons, qui pilote le pôle immobilier, et Aurélie Cohen, à qui a été confié le pôle développement. En parallèle d'un rythme soutenu d’arbitrages mené par le premier, avec un objectif d’environ 1 Md€ de cessions pour cette année, dans la continuité de 2025, Præmia REIM travaille à relancer sa croissance, en structurant de nouveaux fonds et club-deals autour de classes d'actifs plus porteuses. Mais il recentre aussi ses véhicules existants vers ces thématiques : la SCPI Primofamily est en cours de transformation pour devenir Præmia Hotel Europe, recentrée sur l’hôtellerie à bail à l’échelle continentale, tandis que Primovie continue d'accentuer son exposition au secteur de la santé, déjà majoritaire dans son portefeuille.






