
Le 5* Grand Hôtel à Bordeaux.
En ce début de millésime 2026, Michel Ohayon souhaite à nouveau se délester de plusieurs de ses hôtels. Pour démarcher des investisseurs, l'homme d'affaires à la tête de la holding Financière immobilière bordelaise (FIB) a sélectionné l’équipe real estate de Lazard, comme premièrement rapporté par Green Street News. Ce portefeuille, dont la valeur est estimée à plus d’un demi-milliard d’euros, comprend le 5* Grand Hôtel (130 clés) et le projet 4* Kimpton (85 clés) à Bordeaux, le 5* Waldorf Astoria Versailles-Trianon Palace (199 clés) et le Sheraton Roissy (252 clés). Contacté, Lazard a décliné tout commentaire.
Plus de 250 M€ pour le Grand Hôtel
Le Grand Hôtel, lové place de la Comédie face au Grand Théâtre, circule dans le patrimoine de la FIB depuis la fin des années 90. À coup de capex estimés à plusieurs dizaines de millions d’euros, Michel Ohayon a sorti des limbes ce joyau hôtelier bordelais de 130 chambres en 2007, et l'a repositionné en 5*. Aujourd’hui, l’homme d’affaires entend le valoriser plus de 250 M€, soit près de 2 M€/clé – un prix record pour un actif hôtelier en dehors de Paris. En 2023, comme déjà rapporté par CFNEWS IMMO, Michel Ohayon avait reçu deux offres sur le Grand Hôtel – la première à 250 M€, la seconde à 260 M€ –, sans jamais y donner suite. Plusieurs acteurs du marché estiment ainsi qu’il pourrait une nouvelle fois garder ce trophy asset en patrimoine. Dans la capitale girondine, la FIB porte aussi depuis une décennie un projet d’hôtel 4* au 15 place Gambetta. Désormais validée par la municipalité et sur les rails, cette opération sur l’ex-Virgin (racheté en 2013 pour 12 M€) doit accoucher d’une lourde restructuration, pilotée par l’architecte Michel Pétuaud-Létang, pour créer un 4* sous enseigne Kimpton (IGH) avec des commerces et un restaurant, dont l'ouverture est prévue pour l’automne 2026. Si plusieurs acteurs locaux doutent que le projet aboutisse réellement sous l’ère de la FIB, Michel Ohayon espère le valoriser entre 60 et 90 M€. Il y a trois ans – sans condition de permis de construire, un PC a été obtenu fin 2024 –, le magnat de l’immobilier cherchait à s’en séparer entre 50 et 70 M€ net vendeur.
150 à 200 M€ pour le Waldorf Astoria Versailles-Trianon Palace
En région parisienne, Lazard est également mandaté pour les Waldorf Astoria Versailles-Trianon Palace et Sheraton Roissy. Pour ces deux actifs à rénover, les estimations pointent respectivement à 150-200 M€ et 80-100 M€. La FIB mettait la main sur le 5* de la Cité royale en 2014, en déployant entre 130 et 150 M€ auprès d'Hospitality Investment Versailles, entité détenue par Blackstone. Le Sheraton Roissy – seul hôtel situé dans l'enceinte de l'aéroport (dans le terminal 2) – rejoignait le patrimoine de l'homme d’affaires en 2016. Plusieurs professionnels du secteur interrogés estiment que Michel Ohayon n’atteindra jamais ces montants demandés pour ces quatre actifs hôteliers, dont la fourchette de la valorisation espérée varie entre 540 et 640 M€.
Un plan de redressement pour trois hôtels
En 2023, trois structures affiliées à la FIB – le Grand Hôtel à Bordeaux, Waldorf Astoria Versailles-Trianon Palace et Sheraton Roissy – ont été placées sous administration judiciaire, en raison de plusieurs créances non remboursées, notamment auprès de Bank of China. L’année suivante, la FIB s'est vue approuver par le Tribunal de commerce de Bordeaux un plan de redressement pour ces trois établissements, lui permettant de les garder en patrimoine et de les exploiter.
Pour rappel, au printemps dernier, Michel Ohayon a été mis en examen notamment pour banqueroute, abus de biens sociaux et escroqueries en bande organisée, par le parquet de Paris. Il est soupçonné d’avoir détourné de l’argent des sociétés Go Sport, Gap France et Camaïeu. L’homme d’affaires a été placé sous contrôle judiciaire, avec l’interdiction de diriger ou de gérer une société de quelque moyen que ce soit et l’obligation de verser au tribunal un cautionnement de 500 000 €. Dans la foulée et par la voix de son avocat, Olivier Pardo, Michel Ohayon a contesté « avec la plus grande véhémence » les accusations de banqueroute. « Il a injecté plus de 68 M€ de sa fortune personnelle, il n’y a eu aucun enrichissement, tout au contraire, Michel Ohayon s’est appauvri dans cette affaire pour sauver un secteur du retail qui connaît une crise sans précédent en France, a-t-il ajouté. Il suffit de voir le nombre de faillites qui ont eu lieu depuis le Covid. »









