
L'intérieur du flagship Cartier au 13 Paix à Paris. © Cartier
L’avenue Montaigne, longtemps dominée par les grandes maisons de haute-couture et de prêt-à-porter (Dior, Chanel, Gucci, Prada…), s’ouvre peu à peu aux hauts joailliers, historiquement implantés rue de la Paix et place Vendôme. Dans le plus grand secret – la règle d’or sur cette artère du Triangle d’Or parisien –, Cartier a sécurisé, au cours du millésime 2025, la boutique du 53 Montaigne. Selon nos informations, pour s’offrir cet écrin entre 900 et 1 000 mètres carrés – là où Saint Laurent a défilé pendant plus d’une décennie, avant de récemment déménager au 37 Montaigne (ex-ambassade du Canada) –, la maison de haute joaillerie de Richemont a signé pour un loyer annuel de 8 M€, sachant qu’elle jouit déjà d’une boutique à deux pas d’ici, au 51 François 1er. Le bail court sur douze ans pour ce premier flagship Cartier sur cette artère ultra-prime, ou au quatrième trimestre 2025, la valeur locative prime retail oscillait entre 13 000 et 16 000 €/m2/an (Zone A). En 2019, un privé s’était séparé des murs de cette boutique de luxe auprès d’Invesco Real Estate : le fonds états-unien avait débloqué un ticket de 115 M€ au travers d’un share-deal off market. Pour mémoire, un autre grand investisseur immobilier est propriétaire de commerces aux 51-53 Montaigne : CNP Assurances, qui détient la SCI Triangle Montaigne abritant les 1 770 mètres carrés de commerces accueillant les enseignes Fendi et Celine. Contacté, Invesco Real Estate n'avait pas répondu aux sollicitations à la publication de l'article.
Van Cleef & Arpels au 18-20 François 1er
Là n’est pas le seul deal locatif initié par Richemont dans le sacro-saint Triangle d’Or de la capitale en 2025, pour les besoins de l'une de ses maisons. Le groupe de luxe suisse a aussi pris à bail la boutique du 18-20 François 1er (détenue par un privé) pour y lover Van Cleef & Arpels. De sources concordantes, Richemont a reversé plus de 15 M€ de droit au bail à l’ancien locataire Zadig & Voltaire – qui a transféré sa boutique au numéro 38 de la même rue parisienne, quand le loyer annuel avoisine le million d’euros. Rappelons que le groupe helvétique, au début du millésime 2025, signait off market un befa de douze ans dans l’hôtel particulier 11 Louis Le Grand, dans le 2e arrondissement parisien, afin d’y installer les équipes de son haut joaillier Van Cleef & Arpels. 3 250 mètres carrés de bureaux confidentiels loués à 1 200 €/m2/an en facial.
Tiffany & Co au 34 Montaigne
Cartier et Van Cleef & Arpels rejoignent le cercle (très) fermé des joailliers déjà présents sur l’avenue Montaigne à l’instar de Chrome Hearts (n°18), d’Harry Winston (n°29), de Chanel Joaillerie (n°42) et surtout de Tiffany & Co. Au numéro 34, pile en face du flagship historique de Dior (flanqué de la Galerie Dior), le joaillier américain détenu par LVMH occupe 80 mètres carrés depuis quatre ans. Fin 2028, Tiffany & Co va d’ailleurs changer de trottoir sur une autre artère parisienne – la rue de la Paix –, en quittant 200 mètres carrés loués au numéro 6, pour un nouvel écrin dix fois plus grande (2 100 m2) au 7 Paix. Cet immeuble parisien, qui fût déjà l’antre du joaillier de 1936 à 1950, comprendra plusieurs espaces de vente, dont près de 450 mètres carrés situés au rez-de-chaussée, des bureaux et des espaces d’exposition. Pour donner naissance à ce nouveau magasin Tiffany & Co – voisin du vaisseau amiral historique de Cartier (13 Paix) –, plus de trente mois de travaux sont nécessaires. Le 7 Paix est connu pour circuler dans le patrimoine de… LVMH depuis quatre ans. En 2022, le numéro un mondial du luxe mettait la main sur les 3 600 mètres carrés core (bureaux & retail) de cet actif, dans le cadre d’un portefeuille plus vaste acquis auprès de la famille Dray pour plus de 900 M€. Outre le 7 Paix, Tiffany & Co va jouir d’un nouvel emplacement sur les Champs-Élysées – aujourd’hui cette maison y loue le pied d'immeuble du numéro 62. Comme l’évoque Le Monde, « des travaux sont en cours pour l’installer au numéro 100 » – un actif détenu par Generali Real Estate, où l’une des autres maisons phares de LVMH, Louis Vuitton, tient une résidence éphémère, en surplus de son flagship du 101 Champs-Élysées.














